Les enfants

15 08 2010

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Les enfants je me souviens de vous, Andrej, Muhammed, Sässa et la petite Dzana, je me souviens de vos nuits de vos jours de vos peurs.
Il fallait avoir de l’estomac inconscient pour parcourir la route de Gorazde sous les jumelles des casques pleutres, le tout roulant sur des routes couvertes de mines anti-personnel des combattants.

Gorazde enfin! on regarde autours de soi, un peu plus haut un immeuble aux vitres brisées constellant un effet fragmentaire du bâtiment, nous y sommes on se glisse pieusement dans cette ruine sans frapper, l’enfer n’a pas de porte il a juste les hommes.

La neige est là les odeurs sont figées, pas les hurlements, tout le monde se demande «  c’est quoi ce bordel? » Les couloirs sont plein d’humains difficile de faire le tri les corps sont imprégnés de saletés les cheveux hirsutes collants et des plaies à moitié croutés sur leurs peaux boutonneuses.

Myriam m’avait dit n’y va pas, «  pas de soleil, que de la peine sur cette terre » J’y suis allé.

Une simple couverture ça tient chaud quand une fois la merde est récurer et que la baraque ne soit plus soumise aux courants d’air glacials, Je ne sais plus combien de temps j’avais écarter mes regards des leurs, surement le temps de déboucher les canalisations, de mettre un groupe, de rafistoler les portes et les fenêtres sous les bruits des mortiers venant des collines, une semaine au plus.

-Pourquoi tu es triste?
-Suis pas triste c’est ma gueule.
-Ta gueule est vraiment pas belle, c’est ce que les enfants me disent.
Les enfants toujours en train de me suivre et avec les toubibs et les infirmières toujours en train de brailler «  Doc c’est vrai que pour certains nous arrivons trop tard »

-Oui Baptiste.

Putain! on est bloquer jusqu’au trognon, les salopards ce tapent sur les couilles pour un péteux cours d’eau, et ça renifle beaucoup comme le barbecue à Jacky dans la déchetterie de Monclar , nauséeux au milieu des encombrants que la ville décharge.

J’avais commencé avec parcimonie par faire le pitre devant les gosses, marchant sur les mains fessant la roue, parlant avec eux le Serbo-Croate en deux mots ja et té, moi et toi « Ja Baptiste et té»

-Sâssa
-Et té
-Andrej
-Ja figure belle.
Et toc pour le doc.

Un mois déjà, l’hôpital de secours maintenant ressemble à un îlot calme pour les enfants qui osent courir, la neige est toujours présente, les sirènes ce sont tue la ville est déserte petit à petit on voit ses arbres disparaître, ce soir ils auront chaud…
Hier un salopard était venu, il nous avait gratifié d’un sourire avec sa kalachnikov puis il avait débâché son pickup une enfant dormait, elle réagissait plus, livide le souffle court. Ce matin j’ai pris ses dimensions 33 par 90 par 25, je sors, je m’y colle, scie, planches et clous. Les enfants me regardent, je leur tourne mon dos – j’ai vraiment une sale gueule.


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